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Bois massif

L’arbre

La définition de l’arbre peut s’avérer complexe. Plus simplement, nous conviendrons de définir l’arbre comme étant un végétal supérieur, vivace, ligneux et rameux. On dira supérieur, comparativement aux autres végétaux, par l’âge et la taille qu’il peut atteindre. La majorité des références scientifiques spécifieront l’atteinte d’une hauteur minimale de 7m pour qualifier l’arbre. Ce développement en hauteur sera rendu possible par le processus de la lignification, qui consiste en l’imprégnation par de la lignine de certaines cellules végétales de l’arbre. Cette croissance secondaire en épaisseur de son tronc assurera une rigidification qui, en d’autres mots, se veut la production du bois. La rigidité du tronc sera en mesure de soutenir de façon autoportante, à partir d’une certaine hauteur, un ensemble ramifié de branches soutenant un feuillage que l’on nommera houppier ou couronne. En plus de l’occupation vaste d’un espace aérien, l’arbre est constitué d’un système d’organes souterrains, le réseau racinaire.. Un système complexe d’interactions chimiques et mécaniques entre ces deux parties assurera à l’arbre de produire sa propre alimentation (autotrophie).

Il convient de distinguer deux catégories d’arbres, les angiospermes et les gymnospermes. Les angiospermes sont les arbres feuillus et se reproduisent à partir de graines contenues dans un fruit. Les gymnospermes sont quant à eux définis chez les arbres comme étant les conifères. Leurs graines sont laissées à nue (non à l’intérieur d’un fruit) et portées par des écailles regroupées sous forme de cônes.

Parmi ces deux catégories d’arbres, se déclinera une multitude vaste et diverse d’espèces.  De nombreux indicateurs permettront l’identification, qu’ils soient relatifs à l’écorce, à la forme du houppier autant qu’au feuillage par sa forme et sa disposition des feuilles ou des aiguilles, selon le cas, sur la branche.

L’arbre constitue l’essence même du domaine qui nous occupe, l’ébénisterie et la menuiserie. Des savoirs et des connaissances millénaires ont permis son utilisation de façon juste et adéquate en fonction des projets à réaliser. Malgré son caractère renouvelable, il s’agit d’une ressource dont certaines espèces ne sont pas à l’abris de l’extinction. Il importe d’en faire usage de façon responsable. Une meilleure connaissance permettra entre autres d’agir en ce sens.

Variation dimensionnelle

La compréhension de la croissance de l’arbre est un phénomène complexe. De très nombreuses variantes et contextes rendent son champs d’études complexe. Les fluctuations sont multiples lorsque l’on étudie l’arbre de son vivant. Il est fort important de comprendre que ces fluctuations ne cessent pas toutes une fois l’arbre abattu et transformé sous forme de bois d’œuvre.

N’ayant pas ici la prétention de présenter une étude dendrologique exhaustive, nous préférerons nous attarder sur quelques phénomènes affectant la variation dimensionnelle, facteurs qui pourront concerner directement quiconque s’attarde au travail du bois.

Nous parlerons d’abord de l’hygroscopicité, que nous définirons comme étant la capacité d’une matière à changer ou modifier ses caractéristiques physiques en absorbant l’humidité présente dans l’air qui l’entoure. Le bois est un matériau hygroscopique; il existe un échange important entre l’humidité de l’arbre et celle de l’air. Cet échange se fait par le réseau cellulaire qui constitue l’arbre. Les cellules qui composent ce réseau contiennent de l’eau libre mais sont aussi formées, notamment au niveau de leurs parois, par de l’eau. Le transfert d’humidité aura pour effet sur le bois qu’il se gonfle (absorption d’humidité) ou se rétracte (libération de l’humidité).

Corolairement au phénomène d’hygroscopicité, il importe de parler de l’anisotropie du bois. Cette fois-ci, nous devons parler du réseau cellulaire qui compose le bois non pas par la nature de ses cellules mais par l’orientation de celles-ci. Ainsi, il sera possible d’observer des différences, parfois significatives, dans les propriétés physiques et mécaniques du bois selon si on l’observe sous un plan longitudinal, radial ou tangentiel.

Il est importe de comprendre et maitriser ces deux notions pour savoir choisir, travailler, utiliser le bois de façon correcte et adéquate. Le contraire engendrera fort possiblement des résultats peu souhaitables. La connaissances des particularités du bois guideront le travail de celui-ci, aussi tôt qu’en la façon de le débiter et le le sécher, dans la manière de le coller ou le positionner dans un ensemble, de le protéger, pour ne mentionner que quelques exemples.

Méthode de sciage

En tenant compte des propriétés de l’arbre, il sera possible d’adopter des méthodes de sciage de l’arbre sous forme de planches afin de modifier (accroitre ou atténuer) la façon dont celles-ci réagiront. En plus d’influencer les réactions mécaniques et physiques, donc l’éventuel comportement qu’adoptera la planche, le type de débit agira sur l’effet esthétique. Il sera ainsi possible de déterminer avec une relative précision le motif que prendra le veinage du bois sur les planches obtenues.

  • Débit sur dosse: débit où l’on coupe la face de façon tangentielle aux cernes de croissance. Visuellement, le veinage sera irrégulier et laissera apparaitre un effet de cathédrales ou de ramage. Ce type de débit aura tendance à produire plus rapidement et davantage de planches, donc plus économique. Lesdites planches sur dosse seront néanmoins plus susceptibles de se déformer sous l’action des variations climatiques (humidité)
  • Débit sur quartier: débit qui s’effectue en respectant un angle perpendiculaire (entre 45° et 90°) par rapport aux cernes de croissance. Le veinage apparaitra très régulier et de façon linéaire. La déformation sera moindre (jusqu’à deux fois moins que le débit sur dosse) face aux variations externes.
  • Débit sur faux-quartier: propose un angle inférieur à 45° par rapport aux cernes de croissance. En plus de l’obtention d’un fil du bois rectiligne, ce type de débit permettra d’éviter ou d’amoindrir la présence de mailles que l’on retrouve généralement dans le débit d’essence d’arbres qui contiennent une forte présences de canaux médullaires dans leur composition (le chêne notamment).

Dimensions et grades

En Amérique du nord, il est généralement convenu d’utiliser les normes de classifications des bois telles que définies et décrites par la National Hardwood Lumber Association (NHLA). Le système anglo-saxon (pied/ pouce) sera priorisé au dépend du système métrique.

Dans le cas de la classification par l’épaisseur du bois, nous parlerons de division en quart de pouce. Nous verrons alors des grades comme, par exemple, le 4/4 (lire quatre quart), 6/4 (six quart), etc. Ainsi, les fractions feront référence à la dimension en pouce. 4/4 équivaudra à un pouce, 6/4 équivaudra à un pouce et demi si l’on considère les mêmes exemples.

Pour le calcul des quantités, l’unité de mesure sera le pied mesure de planche (PMP), ou en anglais, le BF/ board foot). La référence se fait à partir du pied qui équivaut à 12 pouces. Un unité de PMP équivaut à 1 pied de longueur x 1 pied de largeur x 1 pouce d’épaisseur. Partant de ce concept, il sera possible de calculer la quantité en appliquant la formule suivante:

PMP = [Longueur (en pieds) x Largeur (en pouces) x Épaisseur (en pouces)] / 12

Il sera important de vérifier, au moment de l’achat, si la quantité de bois a été mesurée à partir du bois séché au four ou à l’état vert.

Un classement qualitatif sera attribué au bois selon des critères déterminés à partir des mesures d’une planche qui ne présente pas de défauts, sur une ou les deux faces de celle-ci. Les grades les plus élevés permettront de déterminer des planches permettant l’utilisation de grandes longueur et/ou largeurs sans défaut, comme il est le cas dans le domaine de l’ébénisterie et de la menuiserie architecturale haut de gamme. Dans ces cas, les grades plus élevés seront nommés FAS (first and second), Sélect et Meilleure. Ces catégories offrent des rendement de qualité supérieurs. Dans une catégorie moindre, il sera possible d’obtenir des planches destinées à des éléments plus petits, moins visibles ou laissant la possibilité d’utiliser les défauts (structures dissimulées par exemple). Nous comprendrons alors les catégories Numéro 1 Commun (1C), 2 Commun (2AC, 2BC) ou 3 Commun (3AC).

Caractéristiques particulières

Section en développement